Retour au pays | Interview avec Ndeye Fatou Kane

Après un parcours académique et/ou professionnel en Occident, nous sommes nombreux à nous poser des questions sur le fameux « retour au pays ». Il est vrai que nous ne quittons jamais notre pays d’origine, car en plus du contact constant avec la famille (merci Whatsapp !) , certaines de ces particularités (souvenirs, culture etc) restent ancrées en nous et ce, où que nous soyons. Cela-dit, quitter un pays de résidence lambda pour s’installer dans son pays d’origine constitue un « Retour aux sources » vécu différemment d’une personne à l’autre. J’ai donc décidé d’interviewer plusieurs femmes sur cette expérience et elles joueront peut-être un rôle d’éclaireur pour certaines lectrices. Vous verrez d’une interview à l’autre que les histoires varient mais il y a néanmoins pas mal de points en commun. Vous les découvrirez au fur et à mesure ! (As in : assurez-vous de ne pas manquer les prochaines ITW 😊)

Sans plus tarder, je vous laisse découvrir l’ITW « Retour aux sources » de Ndeye Fatou Kane, écrivaine ( « Le malheur de vivre » ) et bloggeuse.

Blog : cequejaidanslatete  |  Twitter : @EneffeKei

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Retour au Pays

Hello Fama! Merci de m’accueillir dans JigeenBlog et merci encore pour cet entretien. Je m’appelle Ndèye Fatou Kane, Sénégalaise de 30 ans, qui est née et a grandi à Dakar, au Sénégal. J’ai fait toute ma scolarité de la maternelle au baccalauréat à l’Institution Immaculée Conception, établissement privé catholique géré par des religieuses. Je dois avouer qu’à l’époque, ce n’était pas la joie, car entre le port de la blouse et les règles strictes, les sœurs ne badinaient pas avec la discipline. Mais j’en garde d’excellents souvenirs, car les règles instaurées m’ont permis d’appréhender plus tard ma vie d’adulte.

Après le bac, j’ai fait deux ans de prépa (option économique) à l’Institut Supérieur de Management – ISM – toujours à Dakar. Prépa à l’issue de laquelle j’ai intégré une business school, après un concours d’entrée aux grandes écoles de commerce. Je suis sortie diplômée de cette école de deux master degrees, l’un en transport et logistique internationale et l’autre en management aéroportuaire.

Expérience Pro à l’étranger

Entre mes années d’étude et l’obtention de mes diplômes, j’ai eu à effectuer des stages dans certaines entreprises du nord de la France où je résidais et d’autres à Paris. Après l’obtention de mes diplômes, l’acquisition d’expériences professionnelles s’est poursuivie. Je citerai quelques entreprises où je suis passée : la RATP, Veolia Transdev, la Société Intercommunale des Transports de Bruxelles – STIB, Eiffage TP Nord, Soerni Naviport …

Retour au Sénégal : Date et motivations ?

Je n’aime pas le vocable « retour », car cela signifierait qu’on a quitté son pays. Mais même si on changé de pays pour résider dans un pays étranger, de manière temporaire ou durable, le pays qui nous a vu naître et grandir ne nous quitte jamais. On le retrouve toujours d’une certaine façon, à travers des éléments que l’on porte en bandoulière en vivant à l’étranger : la musique, la gastronomie, les informations, la culture au sens large.

Parle-nous un peu plus de ce retour

On va dire que je suis là pour le moment. Je n’aime pas me fixer de limites ou me fixer des cadres. Rien n’est temporaire ici bas, alors c’est avec cette philosophie que j’avance dans la vie. Je peux être ici maintenant, et demain reprendre mon bâton de pèlerine pour explorer d’autres lieux. C’est tout naturellement, après un séjour d’une dizaine d’années en France, mon dernier séjour au Sénégal datant de 2014, j’avais envie de venir m’y poser.

Des craintes, je pense ne pas en avoir, du moins pas pour le moment.

 Une fois sur place, comment ça s’est passé ?

 Contrairement à la vie en Occident, où même si on a une vie sociale assez bien remplie et une pléthore d’amis, on se sent un peu seul (e). Alors qu’ici, en sus de la famille, on sent une chaleur humaine et une débauche d’énergie à nulle autre pareille.

Ce qui a été le plus dur jusqu’ici, je dirais que c’est parfois le fait de se heurter à des attitudes et des pensées archaïques. Pour peu que l’on pense différemment, on bute contre un mur. Mais la révolution des mœurs s’opère en douceur!

Me sentir étrangère, cela m’arrive, surtout quand je lis certains faits et analyse certains épisodes de la vie, surtout politique. Je me mets en retrait et me pose une pluralité de questions, parmi lesquelles le fait de ne pas comprendre comment on peut consacrer autant de temps et d’énergie à des futilités alors qu’il y a plein d’urgences sociales à gérer.

Et le roman sur lequel tu travailles actuellement ? Y a-t-il un lien avec ton séjour actuel au Sénégal? 

Le roman sur lequel je travaille actuellement n’a aucun lien avec le Sénégal. L’espace spatio – temporel, les personnages, l’intrigue, n’ont tous rien de sénégalais. Contrairement à mon premier roman (le Malheur de vivre, l’Harmattan, 2014) qui lui, était en plein dans ma sénégalité.

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Tu m’as dit qu’il se peut que tu restes ici, ou pas. Quels seront tes critères de décision ?

La réussite de mes projets futurs seront vraiment des éléments déterminants. Mais qui vivra verra!

Un petit message pour les immigrés qui songent à retourner dans leur pays d’origine mais qui hésitent pour des raisons diverses ?

Je leur dirai de foncer, d’y croire et de surtout se mettre dans la tête que les parcours de vie sont différents. Donc à chacun sa chance!

 Merci Ndeye Fatou !

 

Fama

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Founder and Editor in Chief

I'm a thirty something years-old woman trying to inspire other women and get inspired myself.