Retour sur la vie étudiante d’une jeune femme déterminée, Hefatua Ametodji

Quitter le cocon familial n’est guère chose facile, surtout lorsque l’on change de pays. Se retrouver à nu dans un nouvel environnement ou l’on jouit certes de plus de liberté mais avec de nouvelles responsabilités dont il est important de prendre conscience.

Vous l’avez certainement compris, je parle du grand voyage vers la vie étudiante ; cette période remplie d’apprentissages tant sur le plan académique que personnel. Et bien aujourd’hui nous effectuerons ce voyage avec une jeune femme dont la détermination et la maturité ne manquera pas de vous inspirer.

Voici l’interview avec Hefatua Ametodji !

Hefatua

Présentes-toi en quelques lignes :

Je me nomme Hefatua Ametodji, âgée de 26 ans. Je suis togolaise de nationalité et j’ai passé la plus grande partie de ma vie au Congo Brazzaville. J’ai mis les pieds pour la toute première fois au Canada en fin 2008, pour étudier à Montréal. J’y ai vécu à peu près trois ans et cela fait maintenant quatre années que je suis installée à Moncton, dans la province du Nouveau-Brunswick.

Lors de ton arrivée à Montréal, qu’est ce qui t’as le plus charmé ? Et qu’est ce qui a nécessité le plus d’efforts d’adaptation de ta part ?

Ce qui m’a le plus charmé à Montréal c’est la liberté dont je jouissais personnellement. Je pense que c’était le rêve de tout jeune dans mon entourage ; poursuivre ses études universitaires à l’étranger et y vivre sa vie (dans un sens plus cool). Aussi, le coté cosmopolite de Montréal ne m’a pas laissée indifférente. Cela m’a permis de côtoyer des personnes d’horizons différents. Montréal reste et restera ma ville de cœur. Je n’ai pas eu beaucoup de mal à m‘adapter à la vie montréalaise. Je suis une personne extravertie et cela m’a énormément aidé à me faire ma place. Cependant, je dirais que l’accent québécois, lui, m’a joué des tours plusieurs fois (rires). J’ai eu du mal dans mes débuts à l’université. Il me fallait m’assoir presque en face du professeur pour bien comprendre ses propos.  Mais avec le temps on s’habitue à l’accent, on apprend leurs expressions, et on finit même par les utiliser.

Peux-tu décrire le style de vie que tu avais à Montréal avant que tu n’aménages à Moncton ?

On va dire que j’avais le style de vie qu’on la majorité des étudiants. Je m’explique, les études étaient ma priorité. Mais après les études c’est-à-dire en fin de semaine (par exemple), c’était ce que nous appelons de façon commune les « chilling », les clubs, les restaurants, cinémas etc… Enfin, tout ce qui pouvait me faire passer du bon temps avec mes amis.

Qu’est ce qui t’as poussé à prendre la décision de quitter Montréal?

Plusieurs choses m’y ont poussé mais parmi celles-ci je pourrais citer l’envie d’être une meilleure version de moi-même, de me surpasser.  À un moment donné il m’était difficile d’allier mes études à ma vie sociale, et je stagnais académiquement parlant. Cela n’a rien à voir avec la ville ni les gens qui m’entouraient. J’avais besoin d’un face à face avec moi-même afin de  me réévaluer, d’où mon départ de Montréal pour Moncton.

Comment as-tu vécu ce changement ? Quels ont été les points positifs et négatifs de cette nouvelle situation ?

Je l’ai bien vécu puisque c’était une décision murie et bien réfléchie. À mon plus grand entendement, j’étais remplie d’engouement à l’idée de pourvoir commencer cette nouvelle page de ma vie. Toutefois, j’étais triste de m’éloigner de personnes qui me tiennent à cœur.  Ce changement n’a été que du positif pour moi, il m’a permis de réaliser que rien ne surpasse la volonté d’accomplir quelque chose. Lorsque tu veux une chose, donnes toi les moyens nécessaires pour l’avoir et tu arriveras à tes fins.

Par ailleurs, lors de mes années universitaires à Moncton je me suis redécouverte moi-même en m’impliquant de mon mieux au sein de la communauté étudiante. J’ai fait partie du bureau exécutif de l’AEEICUM (Association de Étudiantes et Étudiants Internationaux du Campus Universitaire de Moncton), en tant que Vice-Présidente chargée des affaires socioculturelles. De plus, j’ai participé à une compétition interuniversitaire de renom au Canada, « Les Jeux Du Commerce », sous le volet académique. Ce sont là des choses que je n’aurais jamais osé faire si ce sentiment d’ambition ne s’était pas créé en moi. J’ai eu de l’intérêt pour des activités auxquelles je ne m’intéressais pas auparavant, et qui se sont avérées enrichissantes. Certains pourraient trouver cela banal comme accomplissement. Mais pour qu’il soit grand, un accomplissement ne se doit pas d’être coûte que coûte spectaculaire. Il réside plus dans la quête d’évoluer, de grandir et de murir. J’ai également pris conscience de la force de mon mental, car décider de quitter sa zone de confort demande de l’audace et du cran. Je ne savais pas que j’en avais autant avant d’avoir été confrontée à cette situation.

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Le fait d’aménager à Moncton t’a permis de mieux te concentrer sur tes études et ainsi accomplir de beaux projets dont tu peux être fière aujourd’hui. En dehors du changement d’environnement, qu’est ce qui t’a permis de te consacrer davantage à ton avenir professionnel ?

À cela je répondrai que c’est le désir ardent de réussir qui m’a permis de me consacrer davantage à mon avenir professionnel. On dit souvent que lorsque tu es déterminée, rien ne peut entraver ton chemin. Tel était mon cas. Ma volonté m’a dicté des lignes de conduite que j’ai respecté et c’est ce qui m’a permis d’évoluer. Quand tu réalises que tu es le principal acteur de ta vie et que ton succès est ta responsabilité, tu te lèves, retrousses tes manches et agis en conséquence. Pour moi il n’était plus question de demi-mesure, je devais absolument atteindre mes objectifs et je l’ai fait.

Si tu étais restée à Montréal, quelles mesures aurais-tu pris afin d’exploiter ton potentiel au maximum comme tu as pu le faire à Moncton ?

Difficile de répondre à cette question parce que je n’ai pas été confrontée à cette situation. Je dirai que la même volonté et motivation dont j’ai fait preuve m’auraient permis de changer mon parcours peu importe la ville dans laquelle je me trouvais. C’est plus une prise de conscience qu’autre chose.

Qu’est ce qui te permet de toujours vouloir évoluer dans la vie ?

Dieu! C’est de lui que je puise toutes mes forces pour avancer dans la vie. Je suis chrétienne, et sans ma foi en Dieu, j’aurai certainement perdu espoir et abandonné.

Ensuite vient la connaissance de soi et l’objectivité. Selon un adage de chez moi, « Si tu te connais toi-même, il te sera plus facile de savoir où tu vas ». Tout le monde vient dans ce monde pour un but précis et il incombe à chacun d’entre nous de le découvrir. Et ce n’est certainement pas en croisant les bras et en restant spectateur de la vie qu’on y arrivera. Je fais de mon mieux pour garder le focus et m’éloigner des distractions. C’est essentiel car pour réussir dans la vie il ne faut pas seulement rêver mais agir pour rendre ses rêves réels, autrement ils ne resteront que de simples rêves.

Quels conseils aimerais-tu donner aux jeunes étudiantes qui te lisent ?

J’ai tellement à leur dire que je pourrais écrire tout un livre (rires). Être jeune c’est beau! Tellement beau qu’on peut se laisser emporter par les vagues de l’insouciance, au point de s’en foutre de tout en se disant qu’on a toute la vie devant nous. C’est peut-être vrai, mais Rome ne s’est pas construit en un seul jour. Les grandes réalisations demandent du temps et il faut s’y prendre à l’avance.

Le changement commence maintenant! Pas demain, ni après-demain, mais maintenant. Dans la vie, il faut savoir où l’on va pour être sur d‘y arriver. Si tu ne sais toujours pas ou aller, Dieu t’aidera surement à le découvrir. Et lorsque tu l’auras trouvé, ne laisse rien te décourager, apprends de tes erreurs pour en faire ta force. Fonce dans tes projets, dans ta vie et sois la meilleure version de toi-même.

 

Merci Hefatua !

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Fama

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Founder and Editor in Chief

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